Choc des extrêmes entre le 1er et le 19e, ce Lyon-OM n'en constitue pas moins une affiche passionnante. Un match et un adversaire dignes de la Ligue des Champions. Tant mieux, c'est face à ce type de difficultés que les Olympiens ont réussi leurs meilleures prestations cette saison.
Quand le premier reçoit le dix-neuvième, c'est du tout cuit, ou presque. Trop déséquilibré. Pas de quoi ergoter. Mais parce que dimanche soir le 19e s'appellera OM, et que son classement n'est en rien conforme avec son potentiel et ses ambitions, les pronostics sont d'un coup moins assurés.
D'autant qu'à la manière d'un match de coupe, une « affiche » ne délivre jamais sa vérité avant le coup d'envoi. Les OL/OM se sont en effet installés dans le paysage footballistique français comme des rendez-vous attendus et passionnants. Lyon le doit à son trust des titres nationaux depuis 2002. Marseille, à son incomparable popularité. Celle qui lui permet d'avoir son nom inscrit sur les deux affiches incontestables de la Ligue 1, celle de dimanche donc, et celle qui l'oppose au rival de la Capitale. Et qu'importe, ou presque, la position des deux équipes. Au moins pour le terme d' « affiche ». Pour ce qui serait de « choc », Eric Gerets a mis les points sur les i vendredi : « Non, ça c'est le 1er contre le 2e. Donc je ne vais pas parler de big match. Je garde ça pour la rencontre retour ».
Le 2e match de Ligue des Champions de la semaine
Classement
Compte tenu des résultats de samedi (voir par ailleurs) l'OM reste 19e, mais peut sortir de la zone rouge en s'imposant dimanche.
17e : Auxerre (14 pts | -10)
18e : Sochaux (13 pts | -6)
19e : OM (11 pts | -6)
20e : Metz (7 pts | -14)
Si elle gonfle l'intérêt des supporters, l'idée même de se mesurer aux leaders incontestés et incontestables est aussi source d'espoir, et non de crainte. Tout bonnement parce que les Olympiens n'ont récolté leurs louanges qu'à la seule occasion des rencontres de Ligue des Champions. Pour un peu on redouterait davantage la future réception de Metz (20e) au Vél' dans un match au couteau que le défi lancé aux champions de France dans leur jardin.
Ironique ? Et pourtant il n'est pas faux de dire que cet OM 2007/2008 a pour l'instant su davantage rivaliser avec les « grands » que dominer les « petits » qui ont traversé son chemin.
Victoire à Anfield Road, défaite à l'Abbé-Deschamps. Le paradoxe a épuisé plus d'un analyste. On ne se privera donc pas de le convoquer aujourd'hui, avant un match de gala, en quelque sorte le 2e match de Ligue des Champions de la semaine.
Avec le même engagement qu'à Porto
Globalement satisfait du déplacement à Porto, Eric Gerets a ainsi demandé à ses joueurs de rester dans cette lignée, « d'avoir le même engagement qu'à Porto, sans toutefois faire les mêmes erreurs individuelles ».
Pape Diouf, également : « Notre objectif est, au moins, d'essayer de faire bonne contenance, de continuer sur le même tempo dont nous avons fait preuve à Porto. Il ne faut pas rester sur l'idée que c'est Lyon en face et que c'est à Lyon et que donc nous devons compter zéro point. Ce n'est pas du tout ma façon de penser ». Et le Président de rappeler l'idée qui doit gouverner les esprits marseillais : « Il suffirait que l'OM retrouve l'étincelle, qu'il aligne une série pour revenir dans le jeu ».
LYON IRRESISTIBLE...
On dit d'une formation qu'elle est « l'équipe en forme » quand elle reste sur plusieurs succès. Comment qualifier Lyon qui a remporté ses sept derniers matches ? Irrésistible, assurément. « Il y a, à la fois des individualités et une grande discipline », différencie Eric Gerets. « Je l'ai encore vu mercredi contre Stuttgart. J'ai vu Junhino courir 90 minutes, défendre avec un grand c½ur. Cela explique beaucoup de choses. Ils ne sont pas pour rien en tête depuis si longtemps en France ».
Irréfutable. Même si on complètera d'un bémol, celui d'une défense toujours privée de Cris (et Coupet) et qui connaît parfois des absences. Comme cette semaine, où sans le penalty arrêté par Vercoutre, Stuttgart serait revenu à 3-3. « Ce sont des êtres humains. Heureusement qu'ils commettent des erreurs de temps en temps aussi », sourit Gerets. A l'OM d'en profiter.
..SAUF CONTRE L'OM
L'OM fait partie des (rares) formations hexagonales à occasionner régulièrement quelques désillusions à l'OL. Parfois, il s'agit d'enfoncer le clou, comme la saison dernière quand quelques jours après l'élimination lyonnaise par la Roma en Ligue des Champions, les Phocéens avaient privé dans les dernières minutes leurs hôtes de la victoire (1-1, Niang).
Quelques semaines plus tôt, il y eut aussi, toujours en bout de match, les buts de Niang et Pagis pour sceller une qualification en Coupe de France (2-1). Et le public de Gerland n'a sans doute pas oublié une autre victoire marseillaise dans cette même compétition, en 2006, également 2-1, ou encore, en championnat le succès de la bande à Drogba en terre rhodanienne, puis le nul en 2004/05 (1-1).
LE GROUPE LYONNAIS
Gardiens : Vercoutre, Roux
Défenseurs : Grosso, Belhadj, Squillaci, Anderson, Clerc, Réveillère
Milieux : Bodmer, Källström, Juninho, Santos, Govou, Keita
Attaquants : Ben Arfa, Fred, Baros, Benzema
LE GROUPE MARSEILLAIS
Gardiens : Mandanda, Hamel
Défenseurs : Givet, Rodriguez, Taiwo, Bonnart, Faty, Zubar
Milieux : Oruma, M'Bami, Cana, Cheyrou, Nasri, Zenden, Valbuena
Attaquants : Cissé, Niang, Arrache, Ayew




